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Ce que la colère coûte à une relance

Le silence n’efface pas une demande. Ce qui la fait avancer n’est pas la colère mais la fermeté : rappeler les faits, les dates, et ce qui a déjà été envoyé.

Une première lettre reste parfois sans réponse. La tentation, à ce moment, est d’écrire plus fort : plus de points d’exclamation, un ton plus dur, parfois une menace. La recherche sur la négociation dit plutôt l’inverse : la colère impressionne sur l’instant, mais elle coûte cher ensuite.

Une relance n’est pas une nouvelle réclamation. Elle rappelle une demande déjà posée, avec sa date, et fixe un nouveau délai. C’est un rappel des faits, pas un recommencement.

Pourquoi la colère affaiblit une lettre

Des travaux conduits au sein du programme de négociation de la faculté de droit de Harvard montrent qu’une colère affichée peut arracher une concession dans l’instant, mais qu’elle installe de la défiance chez qui la reçoit. Le résultat se paie plus tard : la partie qui s’est sentie attaquée revient sur ce qu’elle avait accordé, ou traite la suite du dossier avec moins de bonne volonté.

Pour un courrier administratif, l’équivalent est concret : un service qui se sent accusé répond souvent par la voie la plus lente et la plus formelle qu’il connaisse, précisément celle qu’une lettre efficace cherche à éviter.

Citation

Feigning anger to score points in negotiation not only is ethically questionable but also likely to backfire in the long run.

Ce qu’une relance ferme contient

La fermeté n’est pas la froideur : c’est la précision. Une relance efficace rappelle la date de la première lettre, résume en une phrase ce qui a été demandé, et fixe une nouvelle date, plus courte, avant d’annoncer la suite envisagée si le silence continue.

Les autorités de protection des consommateurs qui conseillent sur la rédaction de ces lettres convergent sur un point : éviter tout ce qui ressemble à de la colère, au sarcasme ou à la menace. Le motif qu’elles donnent est concret : la personne qui ouvre le courrier n’est presque jamais celle qui a causé le problème, et c’est pourtant elle qui peut le résoudre.

Une relance, dans l’ordre

  • La date et l’objet de la lettre restée sans réponse.
  • Le rappel, en une phrase, de ce qui était demandé.
  • Une nouvelle date, plus courte que la précédente.
  • Ce qui suit si cette date n’est pas tenue.
Information

Une relance qui recommence toute l’explication depuis le début dilue le rappel qu’elle devrait porter. Elle renvoie plutôt à la première lettre, qu’elle complète sans la refaire.

Sources

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