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Trouver qui a le pouvoir de décider

Écrire au bon organisme ne suffit pas : encore faut-il atteindre le service qui a vraiment le pouvoir de répondre. C’est l’erreur la plus fréquente, et la plus coûteuse en délai.

Le principe

Le service qui décide, pas le premier guichet

Un standard, un accueil ou une adresse générale ne décident jamais rien : ils transmettent, parfois vite, parfois pas. Une lettre qui aboutit vise le service qui a effectivement pris la décision contestée, qui suit le dossier, ou dont la fonction est de traiter ce type de demande.

Écrire à la bonne organisation mais au mauvais service à l’intérieur produit le même effet qu’une mauvaise adresse : la lettre attend un transfert interne qui prend des semaines, quand il a lieu. Personne n’y répond mal ; personne n’est simplement chargé d’y répondre.

Écrire au bon organisme mais au mauvais service revient à écrire à la mauvaise porte.
L'intérieur d'un bureau de poste, côté guichet.
Derrière un guichet, un service ; derrière un service, celui qui décide. · Mattes · Public domain · la source

Quand le nom manque

Chercher avant d’écrire

Le bon destinataire n’est pas toujours écrit quelque part de façon évidente. Il se retrouve presque toujours en quelques minutes, en suivant un ordre plutôt qu’en tâtonnant.

01

Relire le dernier courrier reçu

Le nom du service figure souvent en en-tête ou près de la signature, même quand la lettre semble générique. C’est la piste la plus fiable, parce qu’elle vient de l’organisme lui-même.

02

Chercher la mention exacte du problème

Un contrat, des conditions générales ou un espace en ligne nomment souvent le service compétent pour un type de demande précis : réclamations, résiliations, contentieux. Ce nom précis vaut mieux qu’un service générique.

03

Regarder au dos d’une facture ou d’un relevé

Une adresse de correspondance, distincte de l’adresse commerciale affichée en tête, y figure souvent en petits caractères.

04

Ouvrir l’espace personnel en ligne s’il existe

Le service concerné et son adresse de correspondance y sont parfois indiqués, même quand rien de tel n’apparaît sur le site public.

05

Téléphoner pour un nom, pas pour régler l’affaire

Un appel sert à obtenir le nom exact d’un service ou d’une fonction, jamais à traiter la demande à l’oral : sans écrit, rien de ce qui se dit au téléphone ne peut ensuite être prouvé.

Nommer une fonction, pas une personne

Quand un nom de personne est connu, par exemple parce qu’il a signé un courrier précédent, il reste utile de l’écrire. Mais il vieillit vite : quelqu’un change de poste, quitte le service, part en congé, et la lettre adressée à son seul nom attend son retour au lieu d’être ouverte par qui a pris sa suite.

La formule la plus sûre nomme la fonction en premier, et la personne en complément si elle est connue : « Service réclamations, à l’attention de Madame Untel » plutôt que « Madame Untel » seule. Une lettre adressée à une fonction reste lisible par quiconque l’occupe le jour où elle arrive.

Quand ni nom ni fonction précise ne se trouvent, le nom du service repéré en cherchant reste toujours préférable à une formule qui ne désigne personne.

La référence

Ce que change une référence de dossier

Un service qui traite plusieurs centaines de courriers ne connaît pas une affaire par le nom de la personne qui écrit : il la retrouve par un numéro. Une référence citée dès l’objet, client, contrat, dossier ou sinistre, dirige la lettre directement vers le dossier existant au lieu de la faire réexpliquer depuis le début à qui la lit.

Cette référence se trouve en en-tête d’un courrier déjà reçu, sur une facture ou un relevé, dans l’espace personnel en ligne, ou sur un accusé de réception antérieur. Quand aucune n’a encore été attribuée, les éléments qui permettent de retrouver le dossier autrement suffisent : le numéro de client ou de contrat, la date d’un échange précédent, le nom exact sous lequel il a été ouvert.

Une référence ne s’invente jamais. Une référence inexacte égare une lettre aussi sûrement qu’une adresse fausse : mieux vaut n’en citer aucune que d’en citer une approximative.

Écrire à un supérieur : utile à un moment, prématuré à un autre

Le service qui suit le dossier reste le bon destinataire tant qu’il n’a pas eu l’occasion de répondre. Monter d’un cran, vers une direction, un responsable ou un service dédié aux réclamations non résolues, a du sens une fois qu’un premier courrier est resté sans réponse au-delà du délai fixé, ou a reçu une réponse qui n’apporte rien de nouveau.

Écrire trop haut trop tôt produit l’effet inverse de celui recherché. Une direction ou un service général reçoit rarement les dossiers en direct : elle transmet presque toujours au service qui aurait dû répondre en premier lieu. La lettre refait alors le chemin qu’elle aurait pu suivre directement, avec le délai de ce détour en plus.

Attention

Escalader avant d’avoir laissé au service concerné le temps de répondre ne fait pas gagner de temps : cela en fait le plus souvent perdre, une fois le dossier redescendu.

Quand la première lettre a bien été envoyée, datée et restée sans réponse utile au-delà du délai fixé, l’escalade se fait en le rappelant explicitement : la date du premier envoi, la demande initiale, l’absence de réponse ou son insuffisance. Elle ne recommence pas la démonstration depuis le début.

Quand aucune adresse postale n’est publiée

Certains organismes n’affichent qu’un formulaire en ligne, un canal de messagerie ou un numéro d’appel, sans adresse de correspondance visible. Une adresse existe presque toujours malgré tout : les mentions légales, les conditions générales ou un registre public où l’organisme est enregistré publient en général une adresse de siège ou de correspondance, même quand le site public n’en montre aucune.

Si vraiment rien ne se trouve, le canal disponible, formulaire, messagerie, espace personnel, reste utilisable : ce qui compte alors est de garder une preuve de cet envoi et, si possible, une confirmation qu’il a été reçu. Le mode d’envoi change, pas le contenu de la lettre ni la nécessité d’une preuve.

Une adresse ne s’invente pas davantage qu’une référence de dossier. Ce qui reste vérifiable, comme la capture datée d’une recherche restée sans résultat, vaut mieux qu’une adresse composée au jugé.

Les registres publics où chercher une adresse de siège diffèrent d’un pays à l’autre.

Une fois le destinataire trouvé, deux gestes voisins.

Le bon destinataire trouvé ?

L’atelier reprend cette étape et les six autres, question après question, jusqu’à la lettre prête à envoyer.

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