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La date, la preuve et l’accusé de réception

Une lettre qui aboutit ne se distingue pas seulement par son contenu : elle peut aussi prouver quand elle a été envoyée, ce qu’elle disait, et si elle est arrivée.

Une lettre parfaitement rédigée ne vaut pas grand-chose si personne ne peut prouver qu’elle a été envoyée, ni quand. La chronologie décide de tout : un délai de réponse se compte à partir d’une date, un droit se prescrit à une date, une mise en demeure ne produit ses effets qu’à partir du jour où son destinataire en a eu connaissance. Sans preuve de cette date, la lettre la mieux écrite perd une partie de sa force.

Ce principe ne dépend d’aucun pays. Ce qui varie, d’un service postal à l’autre, c’est la manière technique de fabriquer cette preuve.

Trois preuves, trois portées différentes

Une lettre simple ne prouve rien par elle-même : ni qu’elle a été postée, ni qu’elle est arrivée. Une preuve de dépôt, délivrée au guichet ou générée en ligne, prouve seulement la date d’envoi. Un envoi avec signature du destinataire prouve, en plus, la date de réception, et parfois l’identité de qui a signé.

Un courriel a, sur ce point, un avantage discret : la copie envoyée reste, par construction, dans le dossier d’envoi de son auteur. Sa preuve de réception est en revanche plus faible, sauf accusé de lecture explicitement demandé et renvoyé, ce qui reste rare.

Citation

Prove you sent it.

Ce qui compte autant que l’envoi : la copie gardée

L’opérateur postal public des États-Unis résume ainsi son service de preuve d’envoi le plus courant, la preuve de réception s’y ajoutant seulement si un accusé est demandé en complément. Son service le plus ancien, pensé à l’origine pour les objets de valeur plutôt que pour la correspondance courante, ajoute une chaîne de suivi à chaque étape.

Une preuve de réception ne dit rien du contenu de la lettre si personne ne peut montrer ce qui a été envoyé. Garder une copie de la lettre telle qu’elle est partie, datée, compte donc autant que la preuve d’envoi elle-même. C’est ce que rappelle le service britannique d’aide aux consommateurs Citizens Advice à quiconque prépare un dossier pour un médiateur : rassembler toute la correspondance liée à la réclamation avant de la déposer.

Ce qu’il faut pouvoir montrer, quelle que soit la méthode d’envoi

  • La date exacte à laquelle la lettre a été envoyée.
  • Le contenu exact de ce qui a été envoyé, donc une copie gardée.
  • Si possible, la date à laquelle elle est arrivée, ou a été présentée.

Une photo ou une copie numérique de la lettre, prise avant sa mise sous enveloppe, suffit souvent à garder une trace fidèle du contenu exact envoyé.

Sources

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