Écrire une lettre pour quelqu’un d’autre
Écrivains publics, bibliothécaires, travailleurs sociaux : ce que change la rédaction d’une lettre pour quelqu’un d’autre, et la prudence que ce rôle demande.
Beaucoup de lettres administratives ne sont pas écrites par la personne qu’elles concernent. Une voisine qui lit mal le français, un parent âgé qui ne tape plus au clavier, une personne qui ne sait tout simplement pas par où commencer : quelqu’un d’autre prend alors la plume, ou le clavier, à sa place.
Ce geste a un nom et une longue histoire, celui d’écrivain public. Il prend aussi, aujourd’hui, des formes nouvelles, dans des bibliothèques et des services sociaux qui n’employaient pas ce mot il y a vingt ans.
L’écrivain public, une fonction plus vieille que le mot
En France, plusieurs bibliothèques municipales, dont cinq bibliothèques parisiennes, proposent gratuitement un service d’écrivain public. Son rôle est décrit sans détour par la Ville de Paris : aider à comprendre et répondre à un courrier, rédiger des lettres administratives ou personnelles, remplir des dossiers administratifs.
Cette fonction répond à un besoin qui ne concerne pas un seul public : elle s’adresse aussi bien à des personnes qui maîtrisent mal le français écrit qu’à des personnes âgées ou en situation de handicap, pour qui la complexité d’un formulaire est l’obstacle, pas la langue.
Citation
Besoin d’aide pour comprendre et répondre à un courrier, pour rédiger vos lettres administratives ou personnelles, remplir vos dossiers administratifs.
Ce qui change quand on écrit pour un tiers
Un article publié par le laboratoire de la Société Numérique, rattaché à l’Agence nationale de la cohésion des territoires, décrit comment des bibliothèques françaises en sont venues, par la force des choses, à devenir des points d’accueil administratif. Le même texte pointe une limite précise : dès qu’un professionnel remplit un document à la place de quelqu’un, il manie des informations confidentielles et engage une forme de responsabilité que la simple explication d’une démarche n’engageait pas.
Écrire pour un tiers demande donc une prudence que l’écriture pour soi-même ne demande pas de la même façon : nommer clairement qui écrit et pour qui, ne jamais signer à la place de la personne concernée, et s’assurer qu’elle comprend et approuve chaque phrase avant l’envoi.
Un même besoin, des réponses différentes selon les pays
La fonction d’écrivain public n’est pas la seule réponse à ce besoin. Aux États-Unis, plusieurs bibliothèques publiques ont choisi d’intégrer directement des travailleurs sociaux à leurs équipes. Dans le Delaware, un programme public présente les bibliothèques comme un cadre particulièrement adapté à ce type d’accompagnement, précisément parce que les personnes qui en ont besoin s’y trouvent déjà, pour d’autres raisons.
Le rôle exact varie donc selon les pays et les institutions, mais le principe reste le même : quelqu’un qui écrit pour un autre prête sa maîtrise de l’écrit, jamais son jugement sur ce que l’autre devrait demander.
Écrire pour quelqu’un d’autre, dans les grandes lignes
- Dire clairement, dans la lettre ou en tête, qui écrit et pour qui.
- Faire relire chaque phrase à la personne concernée avant l’envoi.
- Laisser la signature à la personne concernée, ou le préciser si ce n’est pas possible.
- Garder pour soi les informations confidentielles vues au passage.
Sources
- Écrivain public Bibliothèques de la Ville de Paris, France
- Comment les bibliothèques sont devenues des points d’accueil administratif Labo Société Numérique, Agence nationale de la cohésion des territoires, France
- Pilot program will connect library patrons to state services État du Delaware, États-Unis : des travailleurs sociaux intégrés aux bibliothèques publiques
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